revue systématique
Global Prevalence of Long COVID, Its Subtypes, and Risk Factors: An Updated Systematic Review and Meta-analysis
Y. Hou et al., Open Forum Infectious Diseases, 2025
Accès libre – academic.oup.com
Objectif de l’étude
Cette vaste méta-analyse vise à estimer la prévalence mondiale du “Long COVID”, à identifier ses manifestations cliniques principales et à déterminer les facteurs de risque associés à sa persistance, sur la base d’un échantillon combinant plus de 429 études internationales publiées entre 2020 et 2024.
Définition
Le Long COVID désigne la persistence de symptômes au-delà de 4 à 12 semaines après une infection aiguë par le SARS-CoV-2, sans autre cause identifiable.
Les symptômes concernent plusieurs systèmes : respiratoire, neurologique, psychologique, cardiovasculaire et général.
Principaux résultats
- Prévalence globale estimée : 36 % des personnes ayant contracté la COVID-19 présentent encore au moins un symptôme prolongé.
- Variation régionale :
- Amérique du Sud : ~51 %
- Amérique du Nord : ~30 %
- Europe et Afrique : valeurs intermédiaires (~35-40 %).
- Durée du suivi :
- Moins de 1 an : 35 %
- Entre 1 et 2 ans : 46 %
→ le phénomène tend donc à persister dans le temps.
- Sous-types cliniques dominants :
- Fatigue / état général : 20 %
- Troubles respiratoires (dyspnée, toux chronique) : 20 %
- Symptômes psychologiques (anxiété, dépression) : 18 %
- Troubles neurologiques (brouillard cérébral, céphalées) : 16 %.
- Facteurs de risque majeurs :
- Non-vaccination contre la COVID-19,
- Âge avancé,
- Hospitalisation lors de l’épisode aigu,
- Sexe féminin (tendance observée dans certaines cohortes).
Implications pour la pratique médicale
- Le Long COVID représente un problème de santé publique durable, touchant plus d’un tiers des patients infectés, même plusieurs années après la pandémie.
- La vaccination reste associée à une réduction significative du risque de symptômes prolongés.
- Les systèmes de santé doivent intégrer le suivi post-COVID dans leurs parcours de soins : consultation de réadaptation, prise en charge multidisciplinaire, soutien psychologique.
- Il est essentiel d’informer et de former les soignants à reconnaître les manifestations non respiratoires du Long COVID.
Perspectives de recherche et d’enseignement
- Encourager des études locales (ex. : Monastir, Mahdia, Tunisie) pour évaluer la prévalence dans le contexte tunisien.
- Développer des programmes de formation sur la gestion du Long COVID au sein des facultés de médecine.
- Mettre en place des cohortes de suivi des patients post-COVID dans les hôpitaux régionaux.
Conclusion
Cette étude démontre que le Long COVID demeure un syndrome fréquent, polymorphe et multifactoriel, dont la compréhension est encore en évolution.
Les auteurs appellent à une surveillance continue, à la prévention par la vaccination, et à la mise en œuvre de stratégies de suivi global adaptées aux contextes nationaux.
